Nexter: ventes en recul en 2007 avec la fin des livraisons de chars Leclerc
(ACTUALISATION)
PARIS (AFX) - Le groupe d'armement Nexter a réalisé un chiffre
d'affaires en baisse de 18% à 587 millions d'euros en 2007 en raison de la fin
du programme de livraison de chars Leclerc à l'armée française, a annoncé
mercredi son PDG Luc Vigneron, qui table sur un retour à la croissance en 2009.
Cette baisse de chiffre d'affaires, qui avait été anticipée l'an dernier,
"est essentiellement liée à l'achèvement du programme Leclerc", les 14 derniers
chars ayant été livrés à la France en 2007, a-t-il expliqué lors d'une
conférence de presse.
Les ventes du groupe public devraient à nouveau être en retrait en 2008
avant de se redresser en 2009, lorsque le groupe bénéficiera en année pleine de
l'impact positif des livraisons de VBCI (véhicule blindé de combat d'infanterie)
et Caesar (canon de 155 mm monté sur un châssis de camion).
En 2008, Nexter livrera 55 VBCI et 16 Caesar à la France, ainsi que 6 Caesar
à la Thaïlande. En 2009, il devrait livrer 99 VBCI et une trentaine de Caesar à
la France, ainsi qu'une vingtaine de ces derniers dans le cadre d'un contrat au
Proche-Orient.
Le chiffre d'affaires "remontera en 2009-2010 pour je l'espère se stabiliser
autour de 600 millions d'euros", a précisé M. Vigneron.
Le bénéfice net a plus que doublé en 2007 à 151 millions d'euros (contre 78
millions) mais sous l'effet d'éléments fiscaux exceptionnels, dont 17,4 millions
de crédit impôt-recherche et 58 millions d'impôts différés.
Les prises de commandes en 2007 s'établissent à 495 millions, dont 86% pour
la France, en recul par rapport à l'année 2006 (780 millions) qui avait été
marquée par un contrat exceptionnel à l'exportation, a expliqué M. Vigneron.
Le carnet de commandes s'établit à 1,825 milliard d'euros, soit 37 mois de
chiffre d'affaires. S'y ajoutent 1,267 milliard d'euros de contrats hors carnet
qui comptabilisent des contrats-cadre déjà négociés, dont 700 millions d'euros
pour des VBCI destinés à la France.
Nexter devra à l'avenir se trouver des partenaires, a répété son PDG, qui
espère "à l'horizon de 10 ans faire une alliance structurelle" qui permette "de
bien se positionner pour les grands appels d'offres en Europe, en particulier
dans les blindés".
Mais une opération de concentration nécessitera le feu vert de l'Etat,
actionnaire et client de Nexter, ainsi qu'un partenaire intéressé à une alliance
et qui n'existe pas aujourd'hui, a-t-il précisé.
Quant à l'accord de coopération avec l'allemand KMW sur un blindé médian,
annoncé en avril 2006, le projet est désormais "en veille" parce que le "besoin
commun ne s'est pas avéré" entre les deux pays, a reconnu M. Vigneron.
"La contrainte budgétaire est telle que nous n'espérons pas d'accroissement
du marché", a aussi dit M. Vigneron à propos de la future loi de programmation
militaire 2009-2013, mais il espère qu'elle ne remettra pas en cause les
"perspectives d'activité" du groupe.
Enfin, la question de la faiblesse du dollar "a une importance", a-t-il
reconnu: "Notamment face à nos concurrents américains et non-européens (coréens,
turcs, israéliens, sud-africains...), l'euro est pour nous un handicap". C'est
pourquoi le groupe souhaite "aller de plus en plus vers des productions
locales".
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