LONDRES (AFX) - Les prix du pétrole fléchissaient légèrement
lundi, avec le retour des craintes d'une récession américaine, et après une
série de records la semaine précédente, les investisseurs ayant vu les cours
dépasser pour la première fois 103 dollars à New York et 101 dollars à Londres.
Lundi, vers 11H00 GMT, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril
de "light sweet crude" pour livraison en avril valait 101,84 dollars, en baisse
de 75 cents. Il avait dépassé pour la première fois vendredi la barre des 103
dollars, inscrivant un nouveau record historique à 103,05 dollars.
A la même heure, à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour
livraison en avril s'échangeait à 99,51 dollars, en baisse de 59 cents. Il
s'était lui aussi propulsé vendredi à de nouveaux sommets, au-delà de 101
dollars, se hissant jusqu'à 101,27 dollars.
"Les risques d'une situation de stagflation (combinaison d'inflation et de
ralentissement économique, ndlr) venue des Etats-Unis vont certainement
continuer de rendre les marchés nerveux tandis que les marchés financiers
montrent des signes de vulnérabilité après les résultats de HSBC" soulignait
Audrey Childe-Freeman de la CIBC.
La plus grosse banque britannique HSBC a annoncé lundi une progression de
21% de son bénéfice net part du groupe en 2007, à 19,133 milliards de dollars,
mais les provisions pour créances douteuses ont augmenté parallèlement de 63% à
17,242 milliards de dollars.
Les craintes de récession aux Etats-Unis se sont renforcées après l'annonce
vendredi par l'assureur américain AIG d'une dépréciation de 11,47 milliards de
dollars l'an dernier.
Selon les analystes, le ralentissement de l'économie américaine, qui
engloutit plus d'un quart de la production mondiale d'énergie et des signes
"inquiétants" sur la croissance au Japon et en Europe suggèrent que la demande
en hydrocarbures va baisser. En parallèle, les réserves pétrolières américaines
sont en train de se reconstituer.
La fin de l'offensive turque contre les rebelles du Parti des travailleurs
du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak a pu contribuer, elle aussi, à cette
détente des cours. Les unités qui y étaient engagées ont regagné vendredi leurs
bases, a annoncé l'état-major turc.
Les cours restaient néanmoins soutenus par la faiblesse du dollar, tombé
lundi à 1,5237 dollar pour un euro, proche de son plus bas atteint vendredi face
à la monnaie unique. La dégringolade du dollar attire les investisseurs munis
d'autres devises vers les matières premières libellées en dollars, comme le
baril de brut.
Plus fondamentalement, les cours restent soutenus par les craintes entourant
la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole qui se réunit à
Vienne mercredi.
Les analystes s'accordent à penser que le cartel résistera à la fois aux
appels des pays consommateurs en faveur d'une hausse --les incertitudes sur la
demande future d'hydrocarbures restant élevées-- et aux injonctions de ses
membres les plus durs, Iran et Venezuela, en faveur d'une réduction de l'offre,
politiquement très difficile à faire passer avec un baril à ce prix.
Les prix restent également soutenus par les menaces géopolitiques, dont le
durcissement de ton entre l'Iran et la communauté internationale et les
violences à répétition au Nigeria, premier producteur de brut africain et le
conflit entre le géant pétrolier ExxonMobil et le Venezuela.
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