Par Aurélia END
ATTENTION - Ajoute détails par EON, Commission ///
BERLIN (AFX) - EON a choisi son camp: le géant allemand de
l'énergie pense vendre son réseau électrique, comme le souhaite Bruxelles, et
prend à revers Berlin qui bataille justement contre tout démantèlement des
fournisseurs de gaz et d'électricité.
Le numéro un européen de l'électricité du gaz a confirmé jeudi qu'il
entendait bien vendre ses lignes haute tension à "à un opérateur qui n'aurait
aucun intérêt dans la production ou la fourniture d'électricité", selon un
communiqué.
En signe de bonne volonté, il entend aussi céder à des concurrents des
capacités de production représentant au total 4.800 mégawatts.
En s'engageant dans cette voie, EON prend à revers le gouvernement allemand,
qui bataille depuis des mois contre la volonté de Bruxelles de séparer
production et réseau de distribution d'électricité en Europe.
La Commission européenne espère ainsi améliorer la concurrence dans les
secteurs du gaz et de l'électricité en Europe, souvent défaillante, en
particulier en Allemagne.
Le marché allemand est dominé par un quatuor composé de EON, RWE, Vattenfall
et EnBW, qui fait la pluie et le beau temps sur les prix, au grand dam des
consommateurs allemands.
C'est pour défendre ce quatuor que Berlin, associé à sept autres pays de
l'UE comme la France, a écrit fin janvier à la Commission en proposant une
solution de rechange. Les ministres européens de l'Energie se réunissent jeudi
pour discuter du problème.
La solution "alternative" défendue par Berlin prévoit que si un groupe
contrôle à la fois production et transport d'énergie, alors ces deux activités
devront être gérées au sein de filiales distinctes, avec des noms différents,
leurs propres ressources financières et leur propre personnel.
Entre les bonnes grâces de Berlin et celles de la Commission, EON a donc
choisi son camp, et devrait en être récompensé.
Même si elle veut d'abord examiner l'effet de ces propositions sur le
marché, la Commission indique désormais qu'elle pourrait en conséquence
abandonner deux enquêtes en cours contre EON pour comportements
anticoncurrentiels dans le secteur de l'électricité.
D'après des sources de la Commission, EON serait soupçonné dans la première
affaire d'avoir limité sa production pour pouvoir augmenter ses prix, et dans la
seconde d'avoir utilisé ses réseaux pour augmenter ses revenus dans la
production.
En plus d'éviter de très lourdes amendes, la cession de son réseau
"rapporterait quelques milliards utiles au groupe pour des achats stratégiques",
a fait valoir jeudi Patrice Larradet, administrateur CFDT au conseil de
surveillance de RTE, le réseau de transport du groupe français d'électricité
EDF.
La révélation des intentions d'EON a en tout cas fait voler en éclats le
front des géants allemands de l'énergie.
Le numéro deux RWE "repète depuis des semaines, des mois que le
démantèlement des réseaux et de la production n'est pas la bonne voie pour plus
de concurrence", a dit à l' une porte-parole du groupe.
"Nous soutenons les efforts du gouvernement allemand pour trouver une autre
solution", a-t-elle ajouté.
Même ton chez EnBW, filiale à 45% du français EDF, indique dans son édition
internet le magazine Der Spiegel.
La volte-face d'EON fait en revanche les affaires de Vattenfall Europe,
filiale allemande du groupe suédois Vattenfall.
"Nous examinons toutes les options", a dit jeudi à l' un porte-parole de
Vattenfall Europe, précisant: "D'autres structures (pour la production et les
réseaux) sont possibles."
"Aucune décision n'est prise", a-t-il toutefois précisé.
aue/nas
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