Refus d'Eiffage d'échanger sa part dans APRR contre un retrait de Sacyr
PARIS (AFX) - Jean-François Roverato, PDG d'Eiffage, a refusé
la proposition de Luis del Rivero, PDG de l'espagnol Sacyr, d'échanger les 33%
que ce dernier possède dans le capital du français contre sa participation dans
APRR, a-t-il indiqué vendredi.
Commentant les résultats de son groupe, dont le bénéfice net a atteint le
milliard d'euros en 2007, Jean-François Roverato a révélé les propositions
faites par M. del Rivero, son premier actionnaire avec qui il est en conflit
ouvert, lors de leur rencontre, organisée sous l'égide de l'Elysée le 14 janvier
dernier pendant le sommet franco-espagnol.
Les deux groupes bataillent depuis qu'Eiffage a refusé à Sacyr d'entrer au
conseil d'administration, en avril 2006.
M. del Rivero a notamment proposé d'échanger sa participation au capital
d'Eiffage contre les 50% (plus une voix) qu'Eiffage détient dans le capital des
Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), l'autre partie étant dans les mains de la
banque australienne Macquarie.
"Je n'ai pas pu donner mon agrément à cette +esquisse+ de proposition", a
indiqué M. Roverato car "elle est impossible selon l'accord de concession que
nous avons signé avec l'Etat".
Les autres propositions de M. del Rivero n'étaient pas non plus acceptables
car "contradictoires avec les actions en justice en cours", a-t-il ajouté.
Un arrêt de la cour d'appel devra dire, le 2 avril prochain, si Sacyr doit
ou non lancer une OPA sur Eiffage comme l'a demandé l'Autorité des marchés
financiers (AMF), le français accusant l'espagnol d'action de concert avec des
compatriotes actionnaires.
Si Sacyr est condamné à lancer une OPA, il devra le faire au prix de 127,29
euros l'action alors qu'elle évolue aujourd'hui autour de 60 euros. De plus, la
situation financière de Sacyr s'est nettement dégradée en raison de la crise de
la construction et de l'immobilier en Espagne.
"Nous attendons avec sérénité les décisions de justice", a assuré M.
Roverato. "Nous ne négocions pas avec Sacyr", a-t-il répété, "nous ne sommes pas
acheteurs de ces actions", a-t-il ajouté alors que des négociations sur un
rachat de ces titres sont en cours, notamment sous l'égide de la Caisse des
dépôts et de Groupama, déjà actionnaires d'Eiffage.
"Je n'ai jamais caché que plus vite Sacyr partira, plus je serai content",
a-t-il ajouté.
En ce qui concerne APRR, M. Roverato a indiqué que, selon les termes du
contrat de privatisation, Macquarie pouvait désormais vendre sa participation.
"Aucune demande en ce sens n'a été faite" mais "nous ferons jouer notre
droit de préférence si c'était le cas, dans la mesure où le prix serait
raisonnable", a-t-il dit.
Eiffage, qui a accepté de "modérer" la hausse des péages sur le réseau APRR
- "et je ne le regrette pas" - se félicite d'avoir "joué un rôle dans
l'amélioration des performances" de la société d'autoroutes, a poursuivi le PDG.
La marge brute d'APRR a augmenté de 5 points, passant de 62 à 67%.
En outre, la restructuration des concessions autoroutières et
l'automatisation des péages se font "sans aucun départ contraint" et "avec
l'accord des huit syndicats" présents, s'est-il félicité, contestant
l'accusation d'exercer "un métier de rentier", portée par Martin Bouygues, PDG
du groupe éponyme.
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