Renault-Nissan et Bajaj lancent leur programme de voiture à 2.500 dollars
(PAPIER GENERAL)
Par Simon BOEHM
=(PHOTO ARCHIVES)=
PARIS (AFX) - L'Alliance Renault-Nissan a annoncé lundi le
lancement avec le groupe indien Bajaj d'un programme de voiture à 2.500 dollars
en Inde dont les ventes démarreront début 2011 sur le segment en fort
développement des voitures à très bas coût.
Le groupe automobile franco-japonais et son partenaire indien vont créer une
coentreprise destinée à "développer, produire et commercialiser" cette voiture,
présentée pour l'instant sous le "nom de code ULC", ont-ils annoncé dans un
communiqué commun.
"L'ULC sera produite à Chakan (Etat du Maharashtra) en Inde, dans une usine
créée à cet effet", dont la capacité initiale prévue sera de 400.000 unités par
an. La nouvelle société sera détenue à hauteur de 50% par Bajaj Auto, 25% par
Renault et 25% par Nissan.
La gamme de prix s'échelonnera "à partir de 2.500 dollars" et la
commercialisation est prévue "début 2011" en Inde.
La voiture est conçue pour le marché indien en forte croissance et ce pays
sera "le marché principal" de l'ULC, précise le communiqué, mais la voiture aura
aussi "un potentiel de croissance sur les autres marchés émergents dans le
monde".
Le groupe franco-japonais a été précédé sur le marché indien des voitures à
très bas coût par le groupe indien Tata, entré en scène au début de l'année avec
la Nano. Dévoilée en janvier à New Delhi, puis présentée en mars au salon de
Genève, elle doit être commercialisée courant 2008 au prix de 100.000 roupies
(2.500 dollars), mais pas sur le marché européen.
Renault-Nissan et Bajaj --spécialisé dans les deux roues et les véhicules
utilitaires légers-- indiquent que les études de faisabilité conduisent à "un
développement conjoint" de la future voiture, et que le projet est "en ligne
avec les objectifs de coûts et de performance fixés".
"Les trois entreprises travaillent ensemble", a souligné une porte-parole de
Renault, en précisant qu'elle vont maintenant poursuivre le développement du
projet, construire la nouvelle usine dédiée et préparer le réseau de
distribution pour l'ULC.
Le projet avait été mis en route en juillet 2007 avec l'ouverture de
"discussions préliminaires" avec Bajaj. Début novembre, le président de
Renault-Nissan Carlos Ghosn avait dit être parvenu à un accord avec Bajaj pour
produire la voiture en Inde.
Lors de l'assemblée générale de Renault, le 29 avril, il avait évoqué le
projet en soulignant que l'Inde "sera l'un des grands marchés mondiaux", sur
lequel "il y aura de la place pour tout le monde".
M. Ghosn avait alors reconnu le "rôle de pionnier" de Tata, en observant que
Renault-Nissan arrivera deux ans après, mais il avait assuré que la future
voiture à très bas coût de l'Alliance aurait "des avantages" par rapport à la
Nano.
De son côté, le constructeur indien Xenitis, allié au chinois Guangzhou
Motors, a prévu de commercialiser fin 2008 en Inde une "voiture populaire"
autour de 2.500 dollars.
Les ventes d'automobiles en Inde s'élevaient à 1,1 million en 2005, et ce
chiffre devrait doubler d'ici à 2010 à mesure que la classe moyenne indienne
progresse. L'Inde a produit 1,7 million de voitures en 2007, en hausse de 14%.
Renault y est déjà présent avec le programme de voiture à bas coût Logan,
construite sur place et commercialisée en partenariat avec le constructeur local
Mahindra and Mahindra. Nissan est associé au groupe Hinduja Ashok Leyland dans
les petits véhicules utilitaires.
L'indo-japonais Maruti-Suzuki, qui détient plus de 50% du marché automobile
indien, y commercialise une petite voiture vendue 4.800 dollars.
Après avoir bondi de près de 1,50% à l'ouverture à la Bourse de Paris, le
titre Renault ne prenait plus à 11H00 GMT que 0,14%, à 66,48 euros, dans un
marché en hausse de 0,66%.
sbo/jlb/dk
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