WASHINGTON (AFX) - Les interventions massives de la Réserve
fédérale ces dernières semaines aux Etats-Unis étaient nécessaires pour limiter
les répercussions sur l'économie mais elles ont aussi peut-être nourri l'aléa
moral, a estimé jeudi le président de la Fed de Minneapolis, Gary Stern.
"Les événements récents ont sans doute réaffirmé et renforcé les attentes de
certains créanciers qu'ils seront soutenus, ou créé ces attentes", a estimé M.
Stern.
La Fed "ne peut tout simplement pas permettre que l'idée se répande dans le
système financier d'un soutien gouvernemental", a-t-il ajouté dans un discours à
Londres également diffusé à Washington.
Une aide publique, même si elle s'avère plus bénéfique que coûteuse au
moment où elle est prise, va inévitablement "encourager de futures prises de
risques par des institutions dont les créanciers attendront de bénéficier d'un
certain soutien", ce qui est la définition classique de l'aléa moral.
Contre ce risque, les autorités doivent s'efforcer quand tout va bien
d'abaisser la perception que les institutions financières seront aidées quand
tout ira mal.
Les responsables de la Fed "devraient aussi prendre des mesures pour mieux
comprendre les risques d'une contamination" au reste de l'économie avant que les
institutions financières ne rencontrent des problèmes, "car cela leur
permettrait de cibler leur aide ou d'éviter cette aide", a-t-il ajouté.
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