TV: la commission Copé, champ de bataille d'intérêts contradictoires
(ACTUALISATION, PAPIER GENERAL)
Par Jean-Pierre ALTIER
ATTENTION - Actualisé avec contenu du CA extraordinaire de France
Télévisions ///
PARIS (AFX) - Disposant de multiples compétences et "ouverte à
tous", la commission Copé pour "une nouvelle télévision publique" sans
publicité, qui a commencé mercredi ses travaux, s'annonce comme le champ de
bataille d'intérêts contradictoires.
"La télé déchaîne les passions", a constaté le président de la commission
Jean-François Copé (UMP), lors de la conférence de presse qui a suivi la
première séance de travail des 16 parlementaires et 17 professionnels qui la
composent.
Reprenant les termes de la lettre de mission du président Nicolas Sarkozy,
M. Copé ambitionne de "refonder le modèle de la télévision publique" pour les
dix prochaines années, qu'il s'agisse du contenu des programmes, du modèle
économique, de son développement à l'ère de l'internet et du téléphone mobile,
et de son mode de gestion.
Confronté aux critiques qui se sont élevées, dès l'installation de la
commission, dans certains milieux politique, syndicaux ou professionnels,
Jean-François Copé assure que sa commission est "ouverte à tous", prête à
accueillir toute contribution d'où qu'elle vienne.
D'abord hostiles à une commission présidée par le leader du groupe des
députés UMP à l'Assemblée nationale, quatre parlementaires socialistes ont
rejoint ses rangs in extremis.
Même si la liste des membres de la commission est désormais close,
l'intersyndicale de l'audiovisuel public continue à demander qu'elle soit
ouverte "à des journalistes, réalisateurs et des personnels techniques et
administratifs de la radio-télévision publique".
Car rares sont les points d'accord sur l'audiovisuel public du futur.
Une bataille de chiffres a déjà commencé sur les pertes que va entraîner la
suppression de la publicité, y compris en 2008. France Télévisions parle d'1,2
milliard d'euros. Les groupes privés minimisent. Selon Jean-François Copé, la
commission fera sa propre évaluation.
Le conseil d'administration extraordinaire de France Télévisions, qui s'est
réuni mercredi pour étudier les perspectives financières du groupe, a examiné à
cette occasion une lettre signée des trois ministres de tutelle qui promet une
compensation, à l'euro près, des pertes constatées en 2008, mais demande en
contrepartie des "efforts de gestion".
Le CA est allé dans ce sens en s'engageant à prendre des "mesures de gestion
de précaution" dans le cadre de ses négociations avec l'Etat, a indiqué la
direction.
Ces mesures consisteront à "différer" les dépenses d'investissement les plus
lourdes pour 2008 mais ne concerneront "ni les programmes, ni l'organisation
interne de l'entreprise", selon la même source.
Mais l'intersyndicale, reçue par Jean-François Coppé, y voit le risque d'"un
plan social". "M. Copé nous a dit qu'il y avait certainement des économies à
faire à France Télévisions dans les services généraux, dans les services de la
paie. Tout cela est inquiétant", a déclaré Jean-François Téaldi, l'un des
porte-parole de l'intersyndicale.
Une autre bataille s'annonce sur le mode de financement. Les professionnels,
reconnaît Jean-François Copé, sont en général favorables à une augmentation de
la redevance (actuellement de 116 euros/an), ainsi que certains syndicats de
l'audiovisuel public. Les parlementaires, au nom de leurs électeurs, y sont
plutôt hostiles.
Les autres pistes suggérées par le gouvernement (nouvelles taxes imposées
aux opérateurs de télécommunications ou aux fournisseurs d'accès internet) sont
critiquées par les industriels concernés. Selon Martin Bouygues, PDG du groupe
diversifié, actionnaire de TF1, "la France est déjà le pays le plus taxé du
monde".
jpa-juc/dk
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