Taux longs européens quasi stables, tiraillés entre récession et inflation
PARIS (AFX) - Les taux longs européens sont restés quasi
stables mercredi, tiraillés entre plusieurs tendances contradictoires, avec des
chiffres économiques décevants aux Etats-Unis qui ont soutenu le marché des
obligations d'Etat, mais des signaux d'inflation qui les ont affectés.
A 18H00 (17H00 GMT), le taux du Bund allemand à 10 ans se tendait légèrement
à 4,091% contre 4,070% mardi soir et celui de l'OAT française remontait à 4,200%
contre 4,194% mardi.
"C'est extrêmement difficile en ce moment de trouver une direction. Le
marché est tiraillé dans les deux sens, entre des chiffres américains clairement
mauvais, et une inflation inquiétante", a expliqué à l' Guillaume Sciard,
gérant obligataire chez Barclays.
Aux Etats-Unis, deux statistiques ont montré que l'économie n'était pas sur
la voie d'un redressement, bien au contraire, avec une baisse plus forte
qu'attendu des ventes de logements neufs (-2,8% en janvier par rapport à
décembre), et une chute surprise des commandes de biens durables (-5,3% en
janvier par rapport à décembre).
Par ailleurs, autre facteur de soutien aux obligations d'Etat, Fannie Mae,
société américaine spécialisée dans le refinancement hypothécaire, qui a
enregistré une lourde perte en 2007, a affirmé qu'elle devrait trouver de
l'argent frais en cas de marasme persistant dans l'immobilier.
"Le secteur financier est toujours dans son processus de provisionnement. Le
consensus des analystes pense que nous sommes au milieu du gué, mais rien n'est
sûr", a affirmé M. Sciard.
D'un autre côté, la tendance à l'inflation, ennemie des marchés obligataires
puisqu'elle rogne le rendement des taux longs, s'est confirmée.
Les prix à l'importation ont enregistré un net bond en Allemagne en janvier,
+5,2% sur un an soit la plus forte hausse depuis août 2006, et +0,8% sur un
mois.
"Cela veut dire que l'euro fort ne compense pas la hausse des matières
premières, donc que l'inflation en Europe va avoir beaucoup de mal à baisser.
Les taux réels (tenant compte de l'inflation, NDLR) sont très bas et rendent la
dette d'Etat horriblement chère", a expliqué le gérant obligataire.
Enfin, le marché obligataire a subi le contrecoup des déclarations d'Axel
Weber, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, selon
lequel "le consensus dominant actuellement sur le marché concernant les attentes
en matière de taux sous-estime (...) clairement les risques d'inflation".
Cet avertissement clair pour dire que la BCE ne baissera pas ses taux courts
"est extrêmement gênant pour les marchés obligataires: le juge de paix reste la
banque centrale, et il est toujours hasardeux de vouloir lui forcer la main", a
considéré M. Sciard.
Sur le marché britannique, le taux du Gilt à 10 ans s'est légèrement
détendu, à 4,691% contre 4,703% mardi.
Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans se tendait, à 3,869% contre
3,860% mardi soir, et celui à 30 ans montait à 4,678% contre 4,657% mardi.
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