Troisième séance consécutive de repli pour le pétrole à New York
NEW YORK (AFX) - Le prix du baril de pétrole s'est replié
lundi pour la troisième séance consécutive, poursuivant le mouvement de
correction débuté la semaine dernière sur fond de timide rebond du dollar.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude"
pour livraison en mai a perdu 98 cents pour clôturer à 100,86 dollars.
Les cours de l'or noir sont désormais tombés de plus de 10% par rapport à
leur pic historique de 111,80 dollars le baril atteint lundi dernier.
A Londres, où les échanges électroniques ont été particulièrement calmes en
raison de la poursuite du week-end pascal au Royaume-Uni, le baril de Brent de
la mer du Nord pour livraison en mai a reculé de 52 cents, repassant sous la
barre des 100 dollars le baril, à 99,86 dollars.
"La faiblesse du marché se poursuit, car le rebond du dollar et les
inquiétudes croissantes de la menace d'une récession économique ont jeté un
voile sur le marché", a rappelé Mike Fitzpatrick, analyste de MF Global.
En effet, depuis plusieurs jours, le dollar, dont la faiblesse rend l'or
noir meilleur marché pour les acheteurs hors zone dollar et pousse les
opérateurs à se protéger de l'inflation en investissant dans les matières
premières, a retrouvé un peu de vigueur face à l'euro. Après s'être fortement
approché du seuil de 1,60 dollar pour un euro en début de semaine dernière, le
billet vert est remonté jusqu'à environ 1,54 dollar pour un euro.
Mais alors qu'un ralentissement économique, notamment aux Etats-Unis,
premier consommateur mondial d'énergie, devrait finir par freiner la hausse des
prix, la crainte de voir la demande énergétique se tasser a repris le devant de
la scène.
En cours de séance, le marché du pétrole a connu un temporaire regain de
vigueur, le prix du baril remontant jusqu'à 102,42 dollars, dans le sillage d'un
bond du marché boursier consécutif à un indicateur immobilier américain bien
meilleur que prévu et au quintuplement du prix de rachat de la banque Bear
Stearns par sa concurrente JPMorgan.
"L'idée que la politique monétaire menée par la Réserve fédérale va aider le
marché immobilier à se stabiliser et va finir par freiner la détérioration des
conditions économiques a apporté un petit rayon d'optimisme, mais cela ne
fournit pas une impulsion suffisante pour faire repartir les cours vers le
haut", a jugé M. Fitzpatrick.
"Les investisseurs sortent des marchés de matières premières et reviennent
sur le marché boursier. On assiste à une rotation d'un secteur à un autre", a
considéré Fadel Gheit, analyste d'Oppenheimer.
Alors qu'en juin dernier, le pétrole valait seulement environ 65 dollars le
baril, "il était évident que les prix ne pourraient pas continuer à monter sans
arrêt", d'autant que le marché a été récemment tiré par la spéculation, sans
rien à voir avec les fondamentaux du marché, a poursuivi M. Gheit.
Mais l'analyste considère que la retombée du marché est freinée par
plusieurs éléments, notamment le fait que "la consommation pétrolière de la
Chine continue de croître" et qu'"il y a encore beaucoup d'appréhensions sur ce
qui va se passer sur la scène internationale, au Venezuela, en Iran ou au
Nigeria" notamment.
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