Par André LEHMANN
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ATTENTION - revoici avec déplacement d'un paragraphe qui n'était pas à sa
place ///
ZURICH (Suisse) (AFX) - UBS a annoncé mardi une nouvelle
recapitalisation pour se renflouer, malmenée par une dépréciation abyssale de
plus de 37 milliards de dollars qui fait de la banque suisse l'établissement
mondial le plus touché par la crise hypothécaire américaine.
L'action UBS, qui a perdu plus de 50% de sa valeur depuis le début de la
crise en octobre, rebondissait mardi à la Bourse suisse, le titre prenant 6,72%
à 30,80 francs suisses vers 11H15 (9H15 GMT), dans un marché en hausse de
1,95%.
Malgré l'annonce d'une perte de 12 milliards de francs suisses (7,6
milliards d'euros) attendue au premier trimestre, les analystes ont bien
accueilli la nouvelle augmentation de capital d'environ 15 milliards de francs
suisses, qui vient s'ajouter à celle de 13 milliards souscrite principalement
auprès du fonds singapourien GIC.
Marcel Ospel, tenu pour responsable de la débâcle par un certain nombre de
petits porteurs, va renoncer à son siège de président de la banque à partir du
23 avril. Il sera remplacé par Peter Kurer, qui a rejoint le groupe en 2001
comme "Group General Counsel".
Après avoir perdu 18,4 milliards de dollars en 2007 en raison de la
dépréciation de ses investissements dans les crédits hypothécaires, la première
banque suisse a subi une nouvelle dépréciation de 19 milliards au premier
trimestre.
Cela "[dépasse] même les prévisions les plus agressives", a estimé Claudia
Meier, dans une note de la banque Vontobel, alors que les rumeurs faisaient état
d'un maximum de 15 milliards.
L'analyste voit cependant comme "un bon choix" la création d'une unité
séparée concentrant certains actifs hypothécaires non liquides d'UBS.
UBS devient l'établissement financier le plus touché dans le monde par la
crise des "subprime", devant les américains Citigroup (21,1 milliards de dollars
de dépréciations en 2007) et Merrill Lynch (19,4 milliards).
Interrogé sur de futures dépréciations, le directeur général de la banque,
Marcel Rohner, a reconnu qu'il ne pouvait pas prévoir l'avenir, mais a estimé
que les marchés, qui étaient extrêmement perturbés au premier trimestre,
commençaient à fonctionner de nouveau.
"L'environnement demeure difficile et même si nous nous sommes engagés à
encore réduire fortement notre exposition, nous ne voulons pas vendre des
positions à des niveaux extrêmement faibles", a souligné M. Rohner.
L'exposition de la banque aux crédits dits "subprime" a été réduite de 27,6
milliards de dollars à 15 milliards et dans les crédits "Alt-A" (de bonne
qualité) à 16 milliards, contre 26,6 milliards précédemment.
Par contre, son exposition aux "auction-rate securities" (ARS) a augmenté de
5,9 milliards à quelque 11 milliards. Ces titres de placement privilégiés
pourraient être les prochaines victimes de la crise financière.
Pour maîtriser ces actifs, qui continuent de perdre leur valeur au gré de la
crise, UBS va créer une entité concentrant les actifs non liquides liés au
secteur hypothécaire américain.
La banque va progressivement réduire sa participation dans cette entité, a
indiqué M. Rohner. Une opération de scission ("spin-off"), une collaboration
avec un investisseur ou la combinaison des deux est également envisagée, a-t-il
souligné.
Contrairement à la première opération de renflouement qui avait suscité la
colère des petits porteurs, cette recapitalisation passera par l'attribution de
droits de souscription aux actionnaires, le prix devant être communiqué à une
date ultérieure.
L'augmentation de capital "a été intégralement souscrite" par quatre grandes
banques, les américaines JPMorgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs, ainsi que la
française BNP Paribas, à charge pour elles de revendre les actions par la
suite.
UBS, qui a supprimé 1.500 postes dans sa banque d'investissement, pourrait
revoir ce chiffre à la hausse. "Il y aura certainement des réductions", a averti
M. Rohner.
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