BRUXELLES (AFX) - La Commission européenne a recommandé
mercredi la mise en place d'un code de bonne conduite dans l'UE pour encadrer
les fonds souverains des pays émergents, dont l'essor au niveau mondial suscite
des inquiétudes dans les pays occidentaux.
Cette première tentative de l'Union européenne d'influencer l'utilisation de
ces fonds d'Etats d'Asie ou des monarchies pétrolières, nouveaux enfants
terribles de la finance mondiale, repose sur une base volontaire. Elle évite
tout mécanisme de contrôle des investissements étrangers, contrairement à la
pratique aux Etats-Unis par exemple.
Bruxelles redoute que des dispositions plus protectionnistes n'entraînent
des mesures de rétorsion à l'encontre de l'Europe ou l'empêche de profiter de la
manne que représentent ces colosses financiers, désormais incontournables, pour
le développement de son économie.
Le "code de conduite" doit "encourager" ces fonds contrôlés par des Etats
situés hors de l'UE à respecter des règles de bonne transparence et
gouvernance.
"Nous avons de très bons exemples de fonds souverains qui ont des pratiques
de gestion claires et transparentes. Il y a quelques cas où le manque de
transparence provoque des réactions négatives dans certains pays qui les
accueillent", a souligné devant la presse le commissaire européen aux affaires
économiques, Joaquin Almunia.
Son collègue au marché intérieur, Charlie McCreevy a rejeté toute idée de
législation contraignante à ce stade, alors que certains pays redoutent de voir,
avec ces fonds, des pans stratégiques des économies nationales dans un giron
étranger.
"Nous sommes ouverts aux affaires" dans l'UE, a dit le commissaire
irlandais. Le texte de la Commission est une recommandation aux Etats de l'Union
européenne, appelés à en discuter dès la prochaine réunion de leurs ministres
des Finances, le 4 mars.
De l'avis de la Commission, les Etats européens disposent déjà de moyens
pour protéger, le cas échéant, des intérêts nationaux jugés stratégiques.
Les fonds souverains gèrent aujourd'hui des sommes évaluées jusqu'à 2.500
milliards de dollars d'investissements, selon la Commission, montant qui
pourrait grimper à 12.000 milliards de dollars d'ici 2015.
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