USA/immobilier: Bernanke appelle les banques à une "réponse vigoureuse"
(PAPIER GENERAL)
Par Claire GALLEN
WASHINGTON (AFX) - Le président de la banque centrale
américaine Ben Bernanke a appelé mardi les banques à une "réponse vigoureuse"
pour infléchir les saisies immobilières, en les incitant par exemple à réduire
le capital dû par les ménages étranglés par leurs emprunts "subprime".
"Réduire les procédures de saisies qui peuvent être évitées permettrait de
promouvoir la stabilité pour les ménages, les quartiers, et l'ensemble du pays.
Même si les prêteurs ont intensifié leurs efforts (...), on peut, et il faut en
faire plus", a estimé M. Bernanke.
La situation "appelle une réponse vigoureuse", qui aiderait non seulement
les ménages concernés mais "en fait, l'ensemble de l'économie", a-t-il ajouté
dans un discours à Orlando (Floride).
Il a jugé "probable" que les défauts de paiement et les saisies immobilières
continuent d'augmenter "pendant un certain temps", notamment du fait de la
hausse des taux des emprunts immobiliers à risque (subprime) et de la baisse
prévisible des prix de l'immobilier.
Selon lui, quelque 1,5 million d'emprunts, soit 40% de l'ensemble des prêts
immobiliers à risque (subprime) consentis à taux variable, vont être ajustés à
la hausse cette année, et que cela se traduira par une augmentation de plus 10%
des traites mensuelles pour les ménages.
Ces propos interviennent alors que le secrétaire au Trésor Henry Paulson
s'est dit hostile la semaine dernière à un plan de sauvetage des emprunteurs en
difficulté dans l'immobilier, jugeant que cela servirait surtout à sauver les
spéculateurs ou les banques.
Il avait rappelé les efforts déjà entrepris par le gouvernement, que ce soit
le vaste plan de relance ou l'initiative associant prêteurs et conseillers pour
permettre d'allonger les délais avant saisie.
La crise de l'immobilier est la menace numéro un pesant sur l'économie
américaine, et les experts redoutent qu'elle ne débouche sur une récession.
M. Bernanke a pour sa part appelé les banques et les prêteurs à explorer
toutes les pistes possibles pour que les emprunteurs acculés au défaut de
paiement puissent rester dans leur logement, en soulignant que les banques
avaient aussi intérêt à trouver un compromis pour ne pas perdre trop d'argent.
"L'ampleur et les incertitudes entourant les pertes prévisibles lors d'une
saisie laissent penser qu'il y a une marge de manoeuvre considérable pour
négocier un accord" bénéficiant aux deux parties, selon lui.
Il a notamment évoqué la piste d'une renégociation des emprunts en cours,
soit par une baisse des taux et un allongement des emprunts, soit par une
réduction du capital dû.
"Jusqu'à présent, les modifications des prêts ont généralement porté sur une
réduction des taux d'intérêt, tandis que les réductions du capital dû ont été
rares", a-t-il noté. Mais la crise actuelle diffère des précédentes en ce que
les emprunteurs à risque ont souvent acheté sans le moindre apport.
Dans ce contexte, une réduction du principal "pourrait être un moyen
relativement plus efficace d'éviter des défauts de paiements et des saisies",
a-t-il ajouté.
M. Bernanke a reconnu que les banques étaient souvent réticentes à de telles
mesures, mais il a souligné que dans les cas d'extrêmes difficultés de
l'emprunteur "une réduction du principal pourrait augmenter le remboursement
prévu en réduisant le risque de défaut de paiement ou de saisie".
Il a aussi appelé à une modernisation de l'administration fédérale du
logement, pour lui donner plus de flexibilité pour aider les ménages endettés.
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