TOKYO (AFX) - Les partis politiques japonais ont souhaité
vendredi que le siège vacant au poste de gouverneur de la Banque centrale du
Japon (BoJ) trouve rapidement un nouvel occupant, mais ils se sont rejeté
mutuellement la responsabilité de cette situation inédite.
Le gouvernement et l'opposition n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un
nom avant que ne prenne fin mercredi le mandat de cinq ans du gouverneur
Toshihiko Fukui.
"La période de vacance à la tête de la BoJ doit être la plus courte possible
alors que les marchés financiers traversent une période d'instabilité", a
déclaré à la presse le ministre des Finances, Fukushiro Nukaga.
Le Premier ministre Yasuo Fukuda avait jeudi vertement critiqué l'opposition
pour avoir bloqué à deux reprises la nomination de candidats proposés par le
gouvernement, sous prétexte qu'ils ne sauraient garantir l'indépendance de
l'institution vis-à-vis de l'exécutif.
Yukio Hatoyama, secrétaire du principal parti d'opposition, le Parti
Démocrate du Japon (PDJ), a répliqué vendredi en demandant au Premier ministre
de cesser de se dédouaner et de formuler au plus vite une nouvelle proposition.
"Nous avons sérieusement étudié le profil des candidats proposés, mais hélas
l'un d'eux s'était opposé à l'indépendance de la BoJ lorsqu'il était en poste au
ministère des Finances", a affirmé M. Hatoyama.
"Quant à l'autre, il est un de ceux qui, au ministère des Finances, ont pris
des décisions aberrantes lorsqu'il s'est agi de régler le problème des créances
douteuses des banques", a-t-il ajouté.
"De surcroît, les deux sont inexpérimentés en matière de finances
internationales", a-t-il tranché.
Selon l'agence de Presse nippone Jiji, le gouvernement souhaite avoir trouvé
la bonne personne --qui soit acceptée par l'opposition majoritaire à la Chambre
Haute-- d'ici la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la BoJ,
les 8 et 9 avril prochain.
Le gouverneur-adjoint de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa, exerce pour
l'heure les fonctions de gouverneur intérimaire.
Il pourrait être à ce titre amené à assister à la réunion des grands
argentiers du Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7 Finances), à
Washington en avril, "si le nouveau gouverneur n'est pas encore désigné à cette
date", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Nobutaka Machimura.
Cette situation de fauteuil vide à la tête de la BoJ, dans une conjoncture
financière mondiale troublée, est "très regrettable", mais cela ne devrait pas
avoir d'impact majeur sur l'économie, a pour sa part estimé la ministre de la
Politique budgétaire et économique, Hiroko Ota.
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