Wall Street monte à mi-séance, stimulée par Bear Stearns
NEW YORK (AFX) - La Bourse de New York restait en forte hausse
lundi à mi-séance, grâce à l'annonce du quintuplement du prix de rachat de la
banque Bear Stearns par sa concurrente JPMorgan: le Dow Jones gagnait 1,79% et
le Nasdaq prenait 2,73%.
Vers 16H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) progressait de 220,78
points à 12.582,10 points et l'indice Nasdaq, à forte composante technologique,
de 61,65 points à 2.319,76 points.
L'indice élargi Standard and Poor's 500 montait lui de 1,81% (+24,01 points)
à 1.353,52 points.
Après les gains enregistrés la semaine dernière, "l'état d'esprit des
investisseurs semble s'être amélioré, du moins pour le moment", a estimé Dick
Green, analyste de Briefing.com.
Jeudi, Wall Street avait en effet terminé une semaine raccourcie en raison
du vendredi de Pâques sur un net rebond: le Dow Jones avait avancé de 2,16%, le
Nasdaq de 2,18% et le SP 500 avait gagné 2,39%.
Au retour du week-end pascal et alors que la plupart des marchés européens
étaient encore fermés ce lundi, le marché a "reçu un bon coup de fouet" peu
après l'ouverture avec l'annonce officielle d'un quintuplement de l'offre de JP
Morgan (+3,05% à 47,37 dollars) sur Bear Stearns, a expliqué Peter Cardillo,
analyste d'Avalon Partners.
Une semaine après avoir opté pour un sauvetage en catastrophe de Bear
Stearns en la rachetant pour le prix jugé dérisoire de deux dollars par action,
JPMorgan a fait passer son offre à dix dollars par action, ce qui valorise
désormais Bear Stearns à 1,36 milliard de dollars.
JP Morgan va racheter à ce prix 95 millions d'actions Bear Stearns
nouvellement émises, prenant ainsi d'emblée 39,5% de son capital.
L'action de sa cible, dont la cotation avait été provisoirement suspendue à
l'ouverture, s'envolait de 122,98% à 13,29 dollars, dépassant amplement son
nouveau prix de rachat.
"Les investisseurs se concentrent sur le fait que peut-être la fin de la
crise du crédit approche et le fait que JPMorgan offre plus pour Bear Stearns
les encourage" dans cette voie, a développé M. Cardillo.
La plupart des autres valeurs bancaires étaient également portées par cette
nouvelle. Merrill Lynch prenait par exemple 4,42% et Citigroup 5,82%.
En revanche, l'enthousiasme était moindre pour Goldman Sachs (+1,62% à
182,54 dollars) et Lehman Brothers (-3,95% à 46,73 dollars), qui souffraient de
l'abaissement à "négatives" des perspectives de l'agence de notation Standard
and Poor's sur ces deux banques en raison de "la probabilité d'une baisse
importante de leur rentabilité".
Par ailleurs, côté macroéconomique, le secteur immobilier, dont la crise est
à l'origine des difficultés de l'économie américaine, a donné un signal positif,
avec un rebond de 2,9% des reventes de logements en février, davantage que ne le
prévoyaient les analystes. C'est la plus forte hausse enregistrée en un an.
"L'immobilier n'est pas un point fort de l'économie, et il ne le sera pas
avant longtemps. Mais il semble que le marché de l'immobilier essaie d'arrêter
sa baisse", a estimé l'économiste indépendant Joel Naroff.
Parmi les autres valeurs en vue, le groupe agro-chimique Monsanto bondissait
de 8,33% à 105,22 dollars, porté par une recommandation positive de courtier.
Le canadien Biovail perdait 4,01% à 11,02 dollars. L'autorité américaine de
régulation des marchés (SEC) a inculpé de manipulation comptable l'entreprise
pharmaceutique, qui, dans le cadre d'un accord à l'amiable, va payer une amende
de 10 millions de dollars.
Le marché obligataire redescendait. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans
montait à 3,503%, contre 3,328% jeudi soir, et celui à 30 ans à 4,289%, contre
4,165%.
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