NEW YORK (AFX) - La Bourse de New York restait dans le rouge
mercredi à mi-séance, le recul inattendu des commandes de biens durables aux
Etats-Unis alimentant un regain de pessimisme sur l'économie américaine: le Dow
Jones cédait 0,86% et le Nasdaq perdait 1,13%.
Vers 16H10 GMT, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) reculait de 107,54
points à 12.425,06 points et l'indice Nasdaq, à forte composante technologique,
de 26,39 points à 2.314,66 points.
L'indice élargi Standard and Poor's 500 baissait lui de 0,81% (-10,90
points) à 1.342,09 points.
"La récente tendance haussière du marché est mise à l'épreuve", a considéré
Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
"Il semble que l'euphorie qui avait suivi les actions de la Fed (Réserve
fédérale) la semaine dernière pour restaurer la confiance sur le marché du
crédit et dans le système bancaire se dissipe", a ajouté Frederic Dickson,
analyste de DA Davidson & Co.
Mardi déjà, Wall Street avait échoué de justesse à signer une troisième
séance de progression d'affilée, après la publication d'une chute de la
confiance des consommateurs américains: le Dow Jones avait perdu 0,13%, mais le
Nasdaq avait monté de 0,61% et le SP 500 de 0,23%.
A la réouverture, le marché souffrait "des chiffres sur les commandes de
biens durables, pires qu'attendu", a commenté M. O'Hare.
Ces commandes, signes du dynamisme des investissements, ont accusé un recul
de 1,7% en février par rapport à janvier, alors que les analystes comptaient sur
un rebond.
Cela "reflète les incertitudes et le pessimisme" ambiants sur l'état de
l'économie, a estimé Stephen Gallagher de la Société Générale.
"C'est leur deuxième mois consécutif de déclin, mais toutefois elles restent
encore au-dessus de leur niveau lors de la dernière période de récession", a
relativisé pour sa part M. O'Hare.
Ajoutant à la morosité des investisseurs, la crise de l'immobilier a donné
un nouveau signe de sa persistance, avec, en février, une chute des ventes de
logements neufs aux Etats-Unis, qui évoluent à leurs plus bas niveaux en 13
ans.
Par ailleurs, "les nouvelles sur les fusions-acquisitions concentraient
également l'attention" du marché, a indiqué Andrea Kramer, analyste de
Schaeffer.
L'enthousiasme du marché était en particulier sapé par les informations de
presse assurant que la vente de Clear Channel (-16,65% à 27,14 dollars) à deux
fonds d'investissements serait sur le point de capoter faute d'un accord sur son
financement. Cet éventuel échec était perçu comme le signe que le marché du
crédit reste grippé.
Autre rapprochement qui ne semble pas près de se concrétiser: l'éditeur de
jeux vidéos Take-Two (-0,35% à 25,73 dollars) a de nouveau rejeté l'offre de
rachat de son compatriote Electronic Arts (-1,78% à 49,24 dollars).
En revanche, Motorola (+1,54% à 9,91 dollars) profitait quelque peu de
l'annonce d'une scission en deux de ses activités, séparant ainsi sa division de
téléphones mobiles.
De son côté, l'annonce sans surprise de la cession des marques Jaguar et
Land Rover par Ford à l'indien Tata Motors pesait un peu sur l'action du groupe
automobile américain, qui perdait 1,00% à 5,94 dollars.
Enfin, l'ensemble du secteur financier pâtissait d'un regain de pessimisme
sur le développement de la crise du crédit: Merrill Lynch perdait 5,20%, Morgan
Stanley 3,15% et Citigroup 4,91%.
Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a d'ailleurs plaidé pour une
meilleure régulation financière, en appelant la Réserve fédérale à élargir sa
surveillance des banques d'investissement.
Sur le marché obligataire, le rendement du bon du Trésor à 10 ans baissait à
3,487%, contre 3,492% mardi soir, et celui à 30 ans montait à 4,306%, contre
4,299%.
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