La Grèce a été invitée à devenir membre de la banque de développement que les grands pays émergents, dont la Russie et la Chine, tentent de mettre sur pied pour faire contrepoids au Fonds monétaire international (FMI), notamment, qui est l'un des créanciers actuels d'Athènes, a indiqué lundi une source gouvernementale.



Selon cette source, la Grèce s'est vu proposer "de devenir le 6e membre de la banque de développement des BRICS", lors d'un entretien téléphonique entre le Premier ministre Alexis Tsipras et le vice-ministre des Finances russe Sergueï Storchak.



Cette annonce est faite alors que se tient lundi soir à Bruxelles un Eurogroupe très important pour l'avenir financier de la Grèce.



Alexis Tsipras a exprimé "son heureuse surprise", son "intérêt" et son engagement "à étudier en détail cette proposition", précise la source gouvernementale dans une note adressée aux médias.



Les BRICS - le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du sud - ont annoncé en juillet 2014 la création de cette nouvelle banque, basée à Shanghai, destinée à financer les grands travaux d'infrastructure de ces pays émergents mais également vue comme une tentative de bousculer la gouvernance économique mondiale, en particulier le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.



Le FMI est, avec l'UE, l'une des institutions qui ont prêté depuis 2010 des dizaines de milliards d'euros à la Grèce menacée par la faillite.



Le gouvernement de gauche radicale au pouvoir à Athènes depuis janvier est engagé avec ses créanciers dans des discussions laborieuses sur le prolongement à court terme de ce financement, sans cure d'austérité supplémentaire, tout en menant une diplomatie tous azimuts auprès d'autres partenaires économiques potentiels, comme la Russie.



Selon la source gouvernementale, la proposition de M. Storchak sera discutée avec les hauts responsables des BRICS que le Premier ministre grec rencontrera lors d'un forum économique à Saint-Pétersbourg du 18 au 20 juin.