Stephen Wilmot,



The Wall Street Journal



LONDRES (Agefi-Dow Jones)--General Motors s'efforce depuis quelque temps de se donner l'aura d'une entreprise technologique axée sur la croissance. Or c'est une stratégie qui a un coût.



GM a fait état mercredi, au titre du troisième trimestre, d'une chute de 45% sur un an de son résultat d'exploitation ajusté. A l'exception du deuxième trimestre 2020, plombé par les mesures de confinement, son chiffre d'affaires est ressorti comme le plus bas qui ait été enregistré depuis plus de 10 ans, la pénurie de puces ayant fini par rattraper le géant de Detroit.



Cette maigre performance n'a toutefois rien de très surprenant. Les problèmes de production du secteur automobile liés aux semiconducteurs ont été débattus sous tous les angles, et les difficultés spécifiques à GM sont clairement apparues en début de mois avec les chiffres des ventes du troisième trimestre, le numéro un historique s'étant incliné devant Toyota sur le marché américain pour la première fois de son histoire.



Le résultat d'exploitation ajusté s'est pourtant révélé meilleur qu'attendu, à 2,9 milliards de dollars pour le trimestre, soutenu par l'issue favorable de ses discussions avec le fabricant de batteries LG Chem concernant la responsabilité du rappel de son modèle électrique Bolt ainsi que par le solide résultat de son activité de financement automobile. GM Financial a fait état d'un bénéfice d'exploitation de plus de 1 milliard de dollars, supérieur à celui de son activité stratégique automobile.



L'action décroche



Alors pourquoi l'action GM a-t-elle décroché de 5,4% mercredi ? La réponse tient sans doute en partie au fait que l'ambitieux projet du constructeur d'affronter Tesla avec une salve de nouvelles voitures électriques ne se matérialisera qu'au prix d'une augmentation des coûts.



L'indice le plus évident est apparu dans les perspectives données par GM concernant son bénéfice pour l'exercice. Le groupe a indiqué qu'il "s'approchera[it] du haut" de la fourchette précédemment annoncée pour son bénéfice d'exploitation, entre 11,5 milliards de dollars et 13,5 milliards de dollars. Or les trois premiers trimestres l'ayant déjà ramené dans le bas de cette fourchette, le groupe a en substance laissé entendre aux investisseurs qu'il dégagerait 2 milliards de dollars au dernier trimestre - soit moins qu'au trimestre précédent, et moins que prévu par les analystes, en dépit d'une hausse de la production à mesure que les pénuries de puces se résorbent.



De lourds investissements dédiés à l'électrique



La hausse des coûts pour GM s'explique en partie par l'inflation des prix des matières premières, mais aussi par les investissements consacrés à son portefeuille de voitures électriques et aux activités logicielles présentées lors d'une grande journée marchés de capitaux organisée au début octobre à Detroit, lors de laquelle le groupe s'est engagé à doubler son chiffre d'affaires et à relever ses marges d'ici à 2030. A l'occasion de la conférence téléphonique organisée mercredi avec les analystes, le directeur financier du constructeur, Paul Jacobson, n'a pas cherché à en passer les implications sous silence : "nous allons impulser une cadence de lancement assez conséquente pour les quelques années à venir, et nous allons nous assurer d'investir en conséquence", a-t-il souligné.



S'il peut sembler évident qu'une stratégie de croissance implique des compromis sur le plan de la rentabilité, au moins à court terme, ce n'est toutefois pas l'approche à laquelle sont habitués les investisseurs de GM. Fin 2018 encore, lorsqu'il avait annoncé une série de suppressions d'emplois et de fermetures d'usines, le groupe traumatisé par la faillite s'était attaché à réduire son seuil de rentabilité de manière à ne jamais plus avoir à réclamer l'aide du gouvernement.



Sa directrice générale, Mary Barra, a changé de tactique depuis l'envolée boursière fulgurante de Tesla. Les investisseurs ont réservé un très bon accueil aux promesses de croissance. Il va maintenant leur falloir s'habituer aussi aux coûts associés à ces promesses.



-Stephen Wilmot, The Wall Street Journal



(Version française Emilie Palvadeau) ed : ECH



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October 28, 2021 06:12 ET (10:12 GMT)




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