Carol Ryan,



The Wall Street Journal



LONDRES (Agefi-Dow Jones)--Malgré la fermeture de boutiques de marque en raison du coronavirus, les investisseurs ont mis du temps à comprendre que la demande chinoise pour les produits de luxe avait considérablement diminué. C'est maintenant pour le Made in Italy qu'ils devraient s'inquiéter.



L'Italie compte le plus grand nombre de décès liés au Covid-19 après la Chine. Selon les dernières statistiques disponibles, 366 personnes sont mortes du coronavirus et 7.375 cas de contamination ont été confirmés dans le pays. Le gouvernement italien a ordonné la fermeture des écoles et l'interdiction des événements sportifs pour tenter de contenir l'épidémie.



Avec plusieurs villes placées en quarantaine, la Lombardie et l'Emilie-Romagne sont les régions les plus affectées. Si les marques de luxe comptent moins de fournisseurs dans le nord du pays, le nombre de cas augmente dans les Marches et en Toscane, deux importantes régions de production pour les chaussures et les articles en cuir, selon une analyse de Bernstein Research.



Toutes les marques de créateurs vont accuser une très faible demande au premier trimestre 2020, au moins. Les consommateurs chinois achètent un tiers des produits de luxe à travers le monde, or la fréquentation des magasins en Chine continentale a plongé de 80% à 90% dans certaines régions touchées par le virus. Citi s'attend à ce que le chiffre d'affaires des groupes de luxe progresse de 3% en 2020, soit le taux le plus faible depuis cinq ans.



Des productions très concentrées



Or les entreprises dont l'ensemble de la chaîne logistique est basée en Italie pourraient maintenant être également pénalisées par des difficultés d'approvisionnement. Les marques Tod's et Prada réalisent l'essentiel de leur production en Italie, sauf pour les produits nécessitant un savoir-faire propre à un autre pays, comme les montres suisses.



Kering, propriétaire de Gucci et Bottega Veneta, indique que 88% de ses fournisseurs sont basés en Italie. Selon le dernier rapport environnemental publié par Salvatore Ferragamo, 83% de ses fournisseurs de bagages et sacs à main sont situés en Toscane.



Parmi les grands noms italiens, Moncler fait figure d'exception. La marque de doudounes haut de gamme a délocalisé sa production en Roumanie en 2016, et la plupart de ses fournisseurs tiers sont basés en Europe de l'Est.



L'atout du Made in France



Depuis que Rome a proclamé l'état d'urgence le 31 janvier, les titres des groupes de luxe italiens ou fortement exposé à l'Italie ont accusé certaines des plus fortes baisses du secteur. Kering, Prada, Salvatore Ferragamo et Tod's ont abandonné entre 14% et 26%, contre des replis de 6% et 8%, respectivement, pour Hermès et LVMH. Les marques que détiennent les deux groupes français sont certes plus puissantes et devraient être en mesure de rebondir rapidement une fois que l'épidémie sera maîtrisée. Mais le fait que leurs articles soient fabriqués en France constitue un avantage non négligeable, du moins pour le moment.



A partir de maintenant, la trajectoire des titres va sans doute dépendre de la propagation du coronavirus, non seulement dans les régions de production du secteur, comme la Toscane, mais également en France. Les marques de luxe devront batailler dur pour écouler leurs produits. Encore faut-il qu'elles puissent continuer à les fabriquer.



-Carol Ryan, The Wall Street Journal



(Version française Emilie Palvadeau) ed : ECH



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March 09, 2020 07:03 ET (11:03 GMT)




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