Ajoute réactions syndicat, TF1 et NextradioTV

Le rapporteur du Conseil d'Etat a recommandé vendredi l'annulation de la décision du CSA de refuser la gratuité de la chaîne Paris Première, mais le rejet du recours de LCI, a indiqué une porte-parole du Conseil d'Etat.



En juillet 2014, le CSA avait refusé en bloc la demande de passage sur la TNT gratuite des chaînes payantes LCI (groupe TF1), Paris Première (M6) et Planète+ (Canal+), invoquant un marché publicitaire trop faible. LCI et Paris Première avaient alors saisi le Conseil d'Etat.



Vendredi, son rapporteur Fabienne Lambolez a estimé que l'analyse économique du CSA pour Paris Première était incorrecte et recommandé que le CSA réexamine sa requête dans un délai de six mois maximum.



Pour elle, il existe "un doute sérieux" sur le bien-fondé de la décision du CSA, qui affirmait que son passage en gratuit pourrait déséquilibrer d'autres chaînes généralistes comme D8 ou Numéro 23.



En revanche, elle s'est prononcée contre le passage en gratuit de LCI, en validant l'analyse du CSA qui avait jugé qu'une LCI gratuite déstabiliserait ses concurrentes BFMTV et iTélé.



La décision finale du Conseil d'Etat, qui le plus souvent suit son rapporteur, sera rendue dans deux ou trois semaines.



S'il suit cet avis, le CSA devra réexaminer le cas de Paris Première et notamment revoir son analyse économique, en tenant compte des remarques du Conseil d'Etat et de l'évolution actuelle du secteur.



Ainsi, le rachat prévu de Numéro 23 par NextRadioTV pourrait éliminer l'argument d'un risque économique pour Numéro 23, désormais intégré à un grand groupe.



Si le CSA dit oui, Paris Première deviendrait la 26e chaîne de la TNT.



Concernant LCI, le refus de sa gratuité en juillet dernier avait été applaudie par les deux chaînes d'info gratuites, BFMTV et iTélé, qui faisaient valoir qu'une LCI gratuite les ferait disparaître.



Devant ce refus, la direction de TF1 avait menacé de fermer LCI, affirmant que le modèle payant actuel n'était pas viable. Le groupe a ensuite annoncé un plan social, qu'il a finalement gelé, et renouvelé pour cette année ses contrats avec ses distributeurs CanalSat, Numericable, Orange, SFR et Bouygues Telecom.



TF1 a déjà fait savoir qu'en cas de refus du Conseil d'Etat il redemanderait à nouveau au CSA un passage en clair pour sa chaîne d'info.



"C'est une déception, même si nous espérons encore que cela ne préjugera pas de la décision finale du Conseil d'Etat. C'est une prolongation de l'attente et de l'inquiétude des salariés. On ne sait pas vers quoi on va. Mais nous avons l'impression que TF1 veut défendre le dossier LCI au maximum et ne veut pas fermer cette chaîne, sinon il l'aurait fait bien avant", a commenté Emmanuel Raoul délégué SNJ-CGT de LCI, au sortir de l'audience.



Interrogé, TF1 se refusait à préjuger de la suite. "Le rapporteur fait état d'un certain nombre de recommandations (...) mais aucune décision n'est prise. Ce qu'a évoqué Mme la rapporteur ne préjuge en rien de ce que seront les décisions des membres du Conseil d'Etat", a réagi un porte-parole de TF1.



Ni le CSA ni M6 n'ont souhaité faire de commentaires.



Alain Weill, le PDG de NextRadioTV, qui a mené une campagne acharnée contre le passage de LCI en gratuit, faisait preuve d'une prudente satisfaction.



"Nous avons pris connaissance des conclusions de la rapporteur avec satisfaction. Nous attendons désormais avec sérénité la décision du Conseil d'Etat. Il faut évidemment rester prudents jusqu'à la décision mais les conclusions ont été claires", a-t-il déclaré à l'AFP.