Dimitri Delmond et François Schott,



Agefi-Dow Jones





PARIS (Agefi-Dow Jones)--L'offre "amicale" de près de 11 milliards d'euros du fonds KKR & Co sur Telecom Italia pourrait se heurter à l'opposition du principal actionnaire de l'opérateur italien, le groupe de contenus et de médias Vivendi, même si ce dernier a démenti vouloir se lancer dans une surenchère.



Telecom Italia (TIM) a indiqué dimanche soir que KKR & Co. lui avait transmis une offre préliminaire d'achat non contraignante au prix de 50,5 centimes d'euro pour chacune de ses actions à régler en numéraire, soit 10,8 milliards d'euros pour 100% de son capital, représentant une prime d'environ 46% par rapport au cours de clôture de vendredi.



Réuni dimanche pour discuter de cette proposition, le conseil d'administration de Telecom Italia a qualifié "d'amicale" l'offre de KKR & Co., qui doit encore être examinée par le gouvernement italien et faire l'objet d'une étude approfondie de la situation financière de l'opérateur télécoms, qui pourrait durer quatre semaines.



L'action Telecom Italia s'adjuge 27,3% lundi à la mi-journée, à 0,44 euro, tandis que celle de Vivendi avance de 1,6%.



Une offre probablement insuffisante pour Vivendi



Vivendi détient 23,75% du capital de Telecom Italia. L'offre de KKR valorise cette participation à 2,57 milliards d'euros, alors que le groupe français a investi environ 4 milliards d'euros dans l'opérateur depuis 2015.



Vivendi pourrait faire obstacle au rachat de Telecom Italia par KKR & Co., en raison d'un prix qui peut paraître insuffisant, estime Bryan, Garnier & Co. Jefferies indique pour sa part que Vivendi a dépensé 1,07 euro en moyenne pour acquérir chacune de ses actions Telecom Italia.



Contacté par l'agence Agefi-Dow Jones, un porte-parole de Vivendi a affirmé que le groupe était un investisseur de long terme de Telecom Italia et entendait travailler avec les institutions publiques italiennes au succès de l'opérateur. Il a par ailleurs démenti les informations rapportées par plusieurs médias selon lesquelles Vivendi avait étudié une contre-offre sur Telecom Italia avec l'appui du fonds CVC.



Pour UBS, KKR serait mieux placé que les actionnaires actuels de TIM pour redresser l'opérateur téléphonique. "A l'heure actuelle, il n'y a pas de visibilité sur le plan de KKR, mais nous notons qu'un fonds de capital investissement expérimenté tel que KKR pourrait s'avérer plus apte à soutenir le redressement de TIM que les actionnaires de référence qui ont contrôlé [la société] au cours des 20 dernières années, grâce à son horizon d'investissement de long terme, ses ressources financières importantes et la flexibilité supplémentaire permise par un retrait de la cote", souligne la banque.



Vers un conseil d'administration sous tension vendredi



L'offre de KKR intervient dans un contexte difficile pour Telecom Italia. L'opérateur vient de lancer un deuxième avertissement sur résultats en trois mois, et l'agence de notation S&P a abaissé vendredi sa note de crédit sur l'entreprise d'un cran, à "BB", en raison de revenus inférieurs aux attentes au troisième trimestre.



A la clôture vendredi, le titre abandonnait 19% depuis le 1er janvier.



Ces contreperformances ont poussé Vivendi et d'autres actionnaires du groupe à convoquer un conseil d'administration vendredi 26 novembre afin de remettre à plat la stratégie et d'évoquer le sort de l'administrateur délégué Luigi Gubitosi.



L'irruption de KKR dans les discussions autour de l'avenir de l'opérateur pourrait néanmoins chambouler cet ordre du jour.



-Dimitri Delmond et François Schott, Agefi-Dow Jones; 01 41 27 41 37; ddelmond@agefi.fr ed: ECH



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November 22, 2021 07:09 ET (12:09 GMT)




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