Carol Ryan,



The Wall Street Journal





LONDRES (Agefi-Dow Jones)--Unilever est confronté à des problèmes analogues à ceux rencontrés par Procter & Gamble voilà quatre ans, et le même investisseur activiste siège à présent à son conseil d'administration. Mais les temps ont depuis bien changé.



Mardi, Unilever a annoncé que le fondateur de Trian Partners, Nelson Peltz, siégerait au conseil d'administration du fabricant anglo-néerlandais de biens de consommation à compter de juillet. Après des mois de spéculation sur le fait que l'activiste aurait acheté des actions d'Unilever, le groupe a confirmé que le fonds spéculatif détenait une participation de 1,5%, actuellement valorisée à environ 1,5 milliard d'euros.



Nelson Peltz rejoindra le comité de rémunération d'Unilever et pourrait exiger des réformes des politiques d'incitation en matière de rémunération. Chez P&G, il avait critiqué les objectifs qui récompensaient les cadres supérieurs pour une croissance des ventes inférieure à la moyenne du secteur.



Le marché salue l'arrivée de Peltz au conseil



L'action Unilever a bondi de 9,4% mardi et reculait de 0,4% mercredi en milieu de matinée à Londres. Les investisseurs espèrent peut-être qu'une campagne activiste provoquera une remontée du titre comme ce fut le cas pour P&G. L'action du groupe américain a pratiquement doublé entre le début de 2018, lorsque Nelson Peltz a obtenu un siège au conseil d'administration, et le moment où il s'est retiré trois ans et demi plus tard.



Le bilan de Trian sur sa dernière grande cible européenne du secteur est plus mitigé. En novembre 2012, le fonds a dévoilé détenir une participation dans le groupe agroalimentaire Danone, alors que son cours de Bourse se situait autour de 48 euros. Après avoir prédit que l'action atteindrait 78 euros dans les deux ans, le fonds est sorti du capital en février 2015, alors que le titre se négociait à environ 60 euros.



Travail sur les portefeuille de marques



La présence d'un actionnaire activiste pourrait accélérer la cession des marques les moins attrayantes d'Unilever. En début d'année, son directeur général, Alan Jope, s'était dit ouvert à une vente des marques alimentaires du groupe afin de financer une offre sur les activités de santé grand public de GlaxoSmithKline - une telle opération a finalement été abandonnée.



Céder des marques de produits de beauté sous-performantes à Coty a permis à P&G de stimuler la croissance de ses ventes, mais l'essentiel de cette dynamique tient aux efforts déployés pour mieux gérer ses marques existantes. Entre 2015 et 2019, le fait d'arrêter de perdre des parts de marché a généré 2,4 points de pourcentage de croissance supplémentaire des ventes, selon les estimations de Bernstein. Unilever a déjà réalisé des progrès dans ce domaine : au premier trimestre 2022, 58% de ses activités gagnaient des parts de marché, contre 53% au quatrième trimestre 2021.



Une conjoncture délicate dans les émergents



Maintenir ce rythme sera délicat à tenir dans un contexte où les budgets des consommateurs sont restreints. Les marques de distributeurs gagnent des clients dans la zone euro, où l'inflation a atteint 8,1% sur un an en mai. Les grandes marques sont contraintes d'augmenter leurs prix afin de préserver leurs marges bénéficiaires. Leurs produits deviennent ainsi moins compétitifs. Selon des données de Nielsen, Danone, Unilever et Nestlé ont tous perdu des parts de marché au profit de marques de distributeurs en Europe au cours des quatre semaines ayant précédé le 24 avril.



Unilever est confronté à un défi spécifique à son positionnement géographique. Le groupe réalise 60% de ses ventes sur les marchés émergents, où l'inflation est plus élevée que dans les pays développés et les revenus moyens plus faibles. P&G réalise pour sa part la moitié de ses ventes en Amérique du Nord, où les dépenses de consommation se montrent pour l'heure résilientes.



Un renouvellement du conseil d'administration constitue une bonne nouvelle pour les actionnaires d'Unilever. Les efforts de redressement du groupe sont toutefois déployés dans un contexte de marché nettement plus défavorable que lorsque P&G s'est trouvé dans une configuration comparable.





-Carol Ryan, The Wall Street Journal



(Version française Eric Chalmet) ed: VLV



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June 01, 2022 05:24 ET (09:24 GMT)




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