François Schott,



Agefi-Dow Jones





PARIS (Agefi-Dow Jones)--Le métier de ferrailleur n'a pas disparu en France. Le pays abrite même l'un des champions du secteur, Derichebourg, qui fait lundi son entrée dans le SBF 120. Depuis la création de l'entreprise familiale de récupération de métaux en 1956, le groupe est resté fidèle à son cœur de métier. Il a réalisé en 2020 un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros, dont les deux tiers dans le recyclage des métaux ferreux et non ferreux. Le reste provient de sa branche services aux collectivités et à l'industrie.



L'arrivée de Derichebourg parmi les principales capitalisations françaises n'a rien d'un hasard. Le rebond de l'économie mondiale depuis un an entraîne une forte demande de matières premières, notamment de métaux industriels comme le fer, le cuivre ou l'aluminium dont les cours ont flambé. Mais la raréfaction des ressources et les préoccupations environnementales poussent les industries et les gouvernements à se tourner vers les matières premières recyclées.



L'exemple de la Chine est le plus frappant : alors que le pays cherche à freiner l'inflation des matières premières, il a allégé cette année les taxes sur l'importation de ferraille afin de soutenir la production d'acier recyclé, qui est également moins polluante. En Europe, de grands sidérurgistes comme ArcelorMittal ont détaillé des plans de verdissement de leur production basés notamment sur un recours accru à la ferraille.



"La filière électrique [ndlr : production d'acier recyclé dans des fours à arc électrique] représente 29% de la production mondiale d'acier en 2020 et pourrait atteindre 39% d'ici à 2035, avec un recours accru à la ferraille y compris par les hauts fourneaux afin de réduire leur empreinte carbone", soulignent les analystes d'Oddo BHF.



Des acquisitions transformantes



Grâce à une série d'acquisitions, notamment une filiale de Veolia en 2016 et plus récemment l'espagnol Lyrsa, Derichebourg a bâti une position de numéro un en France et en Espagne sur les marchés du recyclage de métaux, qui inclut la collecte, le tri et la transformation (broyage, laminage, fonte et purification) du métal en vue de sa commercialisation comme matière première secondaire.



"Avec près de 75% de son chiffre d'affaires 2021/22 réalisé avec le recyclage de ferrailles et de métaux non-ferreux (aluminium, plomb, cuivre), le groupe Derichebourg est aujourd'hui l'un des étendards de l'économie circulaire en Europe. Il dispose en outre d'un excellent 'track record' en matière d'acquisitions et d'intégration", souligne Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners.



"Malgré sa forte exposition aux matières premières entraînant une volatilité de son chiffre d'affaires, le groupe possède un 'business model' très résilient s'illustrant notamment par un Ebitda [excédent brut d'exploitation] très largement positif depuis plus de 15 ans quel que soit le contexte économique ou sanitaire", ajoute-t-il.



La finalisation attendue de l'acquisition d'Ecore, un autre spécialiste français de la ferraille, renforcerait encore la trajectoire de croissance du groupe, selon l'analyste qui s'attend, si cette acquisition a lieu, à un triplement du résultat opérationnel entre l'exercice 2018/19 et l'exercice 2022/23.



Une valeur cyclique



Après un recul du chiffre d'affaires de 9% en 2019-2020 lié à la crise sanitaire, Derichebourg a enregistré un rebond de 27% de ses ventes au premier semestre, clos fin mars, et est bien parti pour publier des résultats records sur l'ensemble de l'exercice, selon Oddo BHF. "Nous sommes assez confiants sur les performances annuelles attendues avec un Ebitda qui devrait excéder 300 millions d'euros", précise l'intermédiaire financier.



En Bourse, le titre a pris 69,6% depuis le début de l'année - en tenant compte de la hausse d'environ 2% lundi matin pour son entrée dans le SBF 120 - et évolue à un plus haut depuis 2007. Un tel parcours pourrait inciter les investisseurs à faire une pause, alors que des inquiétudes sur la croissance chinoise ont fait chuter les cours des matières premières ces dernières semaines. "Derichebourg reste une valeur cyclique et peut être affectée par les inquiétudes macroéconomiques", reconnaît Charles-Louis Planade.



Les annonces attendues au cours des prochains mois -- finalisation de l'acquisition d'Ecore et publication des résultats du second semestre -- devraient néanmoins constituer de puissants soutiens en actant le changement de dimension du groupe. Selon un consensus établi par FactSet, l'objectif de cours moyen des analystes sur Derichebourg s'établit à 12,8 euros, soit un potentiel de hausse de 23%.





-François Schott, Agefi-Dow Jones; +33 (0)1 41 27 47 92; fschott@agefi.fr ed: ECH



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September 20, 2021 03:51 ET (07:51 GMT)




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