P&G: l'habile manoeuvre de Warner Chilcott
25 Août 2009 - 3:44PM
Dow Jones News
Warner Chilcott aurait-il découvert un remède miracle?
Le laboratoire pharmaceutique a vu son titre bondir de 27% lundi,
après avoir annoncé l'acquisition, pour 3,1 milliards de dollars,
de l'activité de médicaments sur ordonnance de Procter & Gamble
Co. Or d'habitude, ce type d'opérations tend plutôt à pénaliser le
titre de l'acquéreur, les investisseurs redoutant une dilution des
bénéfices ou bien un prix d'acquisition trop élevé.
Warner Chilcott a pourtant réussi à éviter ces effets secondaires.
D'abord, les banques ont accepté de financer le montant total de
l'opération, donc le groupe irlandais, dont la dette est classée
dans la catégorie d'investissement spéculatif, n'aura besoin de
recourir à aucune émission de titres. Il s'agit d'un élément non
négligeable si l'on considère qu'au début de l'année, les crédits
étaient quasiment impossible à obtenir, même pour les entreprises
pharmaceutiques les mieux notées.
Ensuite, Warner présentait dans cette transaction plusieurs
avantages sur ses concurrents. Le laboratoire paie des impôts moins
importants en Irlande et à Porto-Rico, et s'attend à ce que
certains des actifs de P&G soient soumis au même traitement.
Marc Goodman, d'UBS, estime que le taux d'imposition sera de 25%
maximum, comparé à un taux d'imposition de plus de 30% pour
P&G.
Surtout, Warner Chilcott a de bonnes chances de réussir à protéger
ses nouveaux médicaments face à la concurrence des produits
génériques. Le laboratoire irlandais a la réputation de savoir
comment prolonger les brevets sur ses médicaments en modifiant
légèrement leur formule ou leur forme galénique.
Ces atouts seront très importants pour gérer les deux médicaments
de P&G qui représentent quasiment à eux seuls les 540 millions
de dollars de résultat net de l'activité. Même si les brevets sur
ces deux produits expirent en 2014, Warner devrait avoir plus de
cartes en main que P&G pour les prolonger.
Certes, les intérêts liés à la nouvelle dette contractée pour
financer l'acquisition pourraient avoisiner un taux non négligeable
de 10% par an, soit 300 millions de dollars. Et une dette de 3,1
milliards de dollars pourrait fortement peser sur le bilan du
groupe si jamais Warner ne réussissait pas à protéger les brevets
des médicaments de P&G. Mais l'acquisition promettant de
solides résultats dès le départ, les investisseurs de Warner se
préoccupent peu du long terme.
-John Jannarone, The Wall Street Journal