Warner Chilcott aurait-il découvert un remède miracle?



Le laboratoire pharmaceutique a vu son titre bondir de 27% lundi, après avoir annoncé l'acquisition, pour 3,1 milliards de dollars, de l'activité de médicaments sur ordonnance de Procter & Gamble Co. Or d'habitude, ce type d'opérations tend plutôt à pénaliser le titre de l'acquéreur, les investisseurs redoutant une dilution des bénéfices ou bien un prix d'acquisition trop élevé.



Warner Chilcott a pourtant réussi à éviter ces effets secondaires. D'abord, les banques ont accepté de financer le montant total de l'opération, donc le groupe irlandais, dont la dette est classée dans la catégorie d'investissement spéculatif, n'aura besoin de recourir à aucune émission de titres. Il s'agit d'un élément non négligeable si l'on considère qu'au début de l'année, les crédits étaient quasiment impossible à obtenir, même pour les entreprises pharmaceutiques les mieux notées.



Ensuite, Warner présentait dans cette transaction plusieurs avantages sur ses concurrents. Le laboratoire paie des impôts moins importants en Irlande et à Porto-Rico, et s'attend à ce que certains des actifs de P&G soient soumis au même traitement. Marc Goodman, d'UBS, estime que le taux d'imposition sera de 25% maximum, comparé à un taux d'imposition de plus de 30% pour P&G.



Surtout, Warner Chilcott a de bonnes chances de réussir à protéger ses nouveaux médicaments face à la concurrence des produits génériques. Le laboratoire irlandais a la réputation de savoir comment prolonger les brevets sur ses médicaments en modifiant légèrement leur formule ou leur forme galénique.



Ces atouts seront très importants pour gérer les deux médicaments de P&G qui représentent quasiment à eux seuls les 540 millions de dollars de résultat net de l'activité. Même si les brevets sur ces deux produits expirent en 2014, Warner devrait avoir plus de cartes en main que P&G pour les prolonger.



Certes, les intérêts liés à la nouvelle dette contractée pour financer l'acquisition pourraient avoisiner un taux non négligeable de 10% par an, soit 300 millions de dollars. Et une dette de 3,1 milliards de dollars pourrait fortement peser sur le bilan du groupe si jamais Warner ne réussissait pas à protéger les brevets des médicaments de P&G. Mais l'acquisition promettant de solides résultats dès le départ, les investisseurs de Warner se préoccupent peu du long terme.



-John Jannarone, The Wall Street Journal