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Le roi dollar abdique et les marchés s'en portent bien - Plus USA

Mardi 12 Janvier 2021

Aaron Back,

The Wall Street Journal

NEW YORK (Agefi-Dow Jones)--Plusieurs facteurs laissent attendre un affaiblissement du dollar en 2021, voire au-delà, mais aucun ne pèse autant dans la balance que la nouvelle stratégie de politique monétaire de la Réserve fédérale.

Le billet vert s'est brièvement apprécié en mars 2020, au plus fort de la pandémie de Covid-19 et des turbulences sur les marchés, en raison de son rôle de devise refuge au sein des portefeuilles d'investissement. Il a depuis abandonné près de 12% contre un panier de devises pondéré des échanges commerciaux, les Etats-Unis s'étant finalement trouvés bien plus affectés par la pandémie de coronavirus que la plupart des grandes économies.

Or cette tendance ne s'inversera pas nécessairement au fil des campagnes de vaccination et du retour à la normale de l'économie mondiale. Les devises de pays exportateurs de matières premières et de produits manufacturés devraient au contraire continuer à s'apprécier face au dollar, comme ce serait le cas dans un contexte habituel de reprise mondiale. Certains exportateurs asiatiques ont déjà commencé à intervenir en coulisses pour limiter la progression de leurs devises.

Nette réduction des écarts de rendement

Cette fois-ci, les raisons qui laissent attendre un affaiblissement du dollar sont beaucoup plus profondes. Pendant les années qui ont précédé la pandémie, les taux d'intérêt américains, aussi bien à l'extrémité longue qu'à l'extrémité courte de la courbe des rendements, ont été sensiblement supérieurs à ceux de l'Europe et du Japon, constituant un véritable moteur pour le billet vert. Or cet écart a maintenant quasiment disparu, la Fed ayant ramené ses taux de court terme près de zéro et lancé un nouveau programme de rachats d'actifs. Le rendement de l'emprunt du Trésor à dix ans, qui avoisinait les 2% début 2020, évolue maintenant autour de 1,15%.

Ce taux reste certes bien supérieur à ceux de 0,03% et -0,48% affichés respectivement par les emprunts japonais et allemand à dix ans, mais en données corrigées de l'inflation, les taux réels aux Etats-Unis sont inférieurs, signale Simona Gambarini, économiste de marché chez Capital Economics. Aux Etats-Unis, l'indice de base des prix à la consommation a augmenté en novembre de 1,6% sur un an, alors que le Japon et la zone euro ont accusé une légère déflation.

Il est peu probable que cet écart des taux réels se réduise dans un avenir proche. La Fed s'est de fait engagée en août à laisser l'inflation courir au-delà de sa cible de 2% pendant une période prolongée et à s'abstenir de répondre à la baisse du chômage par des hausses de taux préventives. Pendant ce temps, les autres banques centrales continuent de viser un taux d'inflation d'environ 2%, duquel elles restent encore bien éloignées.

La politique de la Fed pèse sur le dollar

S'ils croient la Fed sur parole, les marchés éviteront de se tourner en masse vers le dollar comme ils le feraient normalement en réaction à de solides données sur l'inflation ou la croissance. C'est ce qui explique que Steven Blitz, économiste de TS Lombard, considère cette nouvelle stratégie de politique monétaire comme un coup d'arrêt effectif à la politique traditionnelle du "dollar fort" menée par le gouvernement américain.

Prenons par exemple la probable réaction du marché à un vaste plan de relance adopté par le gouvernement Biden en début de mandat. Une relance massivement financée par le déficit est généralement considérée comme négative pour le dollar car elle implique que les Etats-Unis devront importer davantage d'épargne étrangère. La relance peut en revanche être considérée comme un facteur positif pour le dollar si elle parvient à stimuler la croissance américaine. Or cette fois-ci, la Fed s'est globalement engagée à ne pas augmenter ses taux en cas d'amélioration de la conjoncture économique. En conséquence, un vaste plan de relance aurait très certainement pour effet d'affaiblir le dollar.

Les investisseurs n'y sont pas forcément perdants. Comme la plupart des actifs sont libellés en dollars, un affaiblissement du billet vert entraîne généralement une hausse du prix des actifs de toutes catégories, qu'il s'agisse des actions, des matières premières ou des obligations de marchés émergents. Les investisseurs dont les portefeuilles sont principalement libellés en dollars ont intérêt à veiller à leur diversification, par exemple en ne couvrant pas leurs participations étrangères contre le risque de change, indique Brian Rose, économiste pour la zone Amériques chez UBS Wealth Management.

L'ère du dollar fort touche peut-être à sa fin, mais les investisseurs auront eu le temps de s'y préparer.

-Aaron Back, The Wall Street Journal

(version française Emilie Palvadeau) ed: VLV

 
 
 
 

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January 12, 2021 04:44 ET (09:44 GMT)

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