Dan Gallagher,



The Wall Street Journal



SAN FRANCISCO (Agefi-Dow Jones)--Si de nombreuses incertitudes demeurent quant à l'issue de la vaste offensive menée par les autorités américaines contre les géants technologiques, il semble néanmoins fort probable que ces derniers se voient contraints de mettre leurs projets de croissance externe en suspens pour un temps.



Le rapport de la commission de la concurrence de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a été publié mardi après 16 mois d'enquête sur les activités d'Apple, Amazon.com, Facebook et Google, filiale d'Alphabet. Comme prévu, ce rapport de 449 pages se montre extrêmement critique à l'égard du pouvoir accumulé par les quatre géants de la Tech, dont la capitalisation boursière totale dépasse 5.000 milliards de dollars même après le brusque mouvement de vente du mois passé. Le rapport préconise également un démantèlement de ces entreprises, appelant à une "séparation structurelle et une restriction de leurs lignes d'activité".



Pour ces géants, toute scission représente une vraie gageure. Cela impliquerait, entre autres, qu'Apple se sépare de l'App Store et que les trois autres se défassent d'activités qui sont pour l'heure inextricablement liées. Les entreprises elles-mêmes s'opposeraient avec force à de telles mesures, comme l'a mis en évidence un document interne préparé par le service juridique de Facebook selon lequel tout démantèlement serait "voué à l'échec". Le Congrès reste bien trop divisé pour réunir les soutiens nécessaires à un tel projet. La partie républicaine de la commission de la concurrence a d'ailleurs publié son propre rapport, reprenant ses fréquentes affirmations selon lesquelles les géants technologiques censurent les discours conservateurs sur Internet.



Il semble en revanche tout à fait possible de limiter les manœuvres des acteurs de la Big Tech visant à s'engager dans de nouveaux segments d'activité. Le rapport met en lumière plusieurs transactions menées récemment en ce sens, comme le projet d'acquisition par Google du spécialiste des bracelets connectés Fitbit, l'acquisition par Amazon du spécialiste des voitures autonomes Zoox, ou le rachat par Facebook du moteur de recherche d'images animées Giphy, une opération dont le montant s'est révélé trop faible pour que sa divulgation soit obligatoire. Le rapport mentionne même le rachat par Apple, en 2014, de Beats Electronics. Aucune des opérations susmentionnées n'augmente sensiblement le chiffre d'affaires des segments d'activité existants des géants technologiques, mais le rapport souligne qu'elles "renforcent leur pouvoir de marché et peuvent barrer l'entrée de concurrents sur le marché". L'acquisition de Fitbit par Google fait déjà l'objet d'une enquête des régulateurs.



Sur le plan politique, le gel des opérations de fusions-acquisitions est un objectif plus facile à mettre en œuvre qu'un démantèlement. Cette mesure n'empêchera pas les géants technologiques de dégager une forte croissance organique, mais elle pourrait avoir pour effet de freiner le marché des fusions-acquisitions de façon générale. Les quatre géants disposent d'une trésorerie, déduction faite de la dette, de plus de 248 milliards de dollars ainsi que d'une part non négligeable de leurs propres actions. Ils sont souvent visés par des spéculations de fusions-acquisitions.



Mais les géants de la Tech pourraient bien devoir trouver d'autres façons de faire fructifier tout cet argent.



-Dan Gallagher, The Wall Street Journal



(Version française Emilie Palvadeau) ed: VLV



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October 09, 2020 06:29 ET (10:29 GMT)




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