François Schott,



Agefi-Dow Jones





PARIS (Agefi-Dow Jones)--La seconde vague de la pandémie de coronavirus qui sévit en Europe fragilise les grands acteurs de l'industrie hôtelière, en particulier ceux dont les coûts fixes sont les plus élevés. Parmi eux, AccorInvest, l'ex-filiale immobilière d'Accor qui reste l'un de ses principaux partenaires, cherche à renforcer son bilan.



Selon une source syndicale, la société négocie actuellement un prêt garanti par l'Etat d'un montant de 450 millions d'euros, l'un des plus importants depuis la mise en place du dispositif. Pour obtenir ce prêt et trouver des solutions de plus long terme avec ses banques, AccorInvest a sollicité la nomination d'un mandataire ad hoc. Elle envisage également de mettre à contribution ses actionnaires, dont font partie Accor, le fonds souverain saoudien et celui de Singapour, Colony Capital, Amundi et Crédit Agricole Assurances.



Contacté par l'agence Agefi-Dow Jones, AccorInvest n'a pas souhaité commenter ces informations. De son côté, Accor a indiqué qu'il soutenait "pleinement la stratégie financière d'AccorInvest" et avait "apporté son soutien à tous ses propriétaires, dont AccorInvest, en acceptant notamment le report de charges et l'assouplissement des standards de marque".



Depuis la mi-2018, Accor a cédé 70% du capital d'AccorInvest dans le cadre d'une stratégie dite "asset light" consistant à se concentrer sur la seule gestion hôtelière et à se débarrasser des murs d'hôtels. Cette mue reste toutefois inachevée, Accor s'étant engagé à conserver une participation d'au moins 30% dans AccorInvest jusqu'en 2023.



Une relation commerciale étroite



Les deux sociétés gardent une relation commerciale étroite. AccorInvest a confié la gestion de ses 900 hôtels à son ancienne maison-mère, dans le cadre de contrats à long terme. "AccorInvest est l'un des gros franchisés d'Accor. Si ce franchisé va mal, Accor va mal", résume un analyste parisien. "Si demain Accor devait remettre au pot chez AccorInvest, il reviendrait sur sa stratégie asset light", ajoute-t-il.



Pour Simon Lechipre, analyste en charge du secteur hôtelier chez MainFirst, une recapitalisation d'AccorInvest représente pour Accor un enjeu financier modéré au regard de son bilan, qui reste solide avec plus de 4 milliards d'euros de liquidités. "Mais plus que le montant de cash sorti, le retour en arrière sur la stratégie asset light pourrait peser sur le sentiment des investisseurs", reconnaît l'analyste.



"AccorInvest a un modèle plus cyclique et est beaucoup plus exposé au levier opérationnel. La détention des murs ou leur location sont des activités intensives en capital. C'est le modèle dont Accor s'est désengagé", ajoute-t-il.



Le marché a déjà sanctionné Accor



Alors que le président-directeur général d'Accor, Sébastien Bazin, a souligné la nécessité pour le groupe d'accélérer sa mue face aux bouleversements en cours dans l'hôtellerie, les difficultés de son ex-filiale pourraient constituer un frein à ce changement. Et peser sur le titre Accor, qui a déjà perdu 42% depuis le début de l'année et peine à rebondir, contrairement à celui de son rival britannique InterContinental Hotels Group (IHG).



"Les acteurs pleinement asset light, avec une structure de coûts plus flexible, comme IHG, ont mieux résisté. Etant donné la plus grande exposition d'Accor au marché européen, où il y a encore beaucoup plus de restrictions et de quarantaines, le groupe risque également de subir une reprise plus progressive", remarque Yi Zhong, analyste chez AlphaValue.



Toutefois, "les propositions de la Commission européenne visant à harmoniser les règles appliquées aux voyageurs au sein de l'Union européenne pourrait constituer un catalyseur pour le secteur, et en particulier pour Accor", ajoute l'analyste, qui souligne également l'exposition du groupe à la région Asie-Pacifique, où l'activité a redémarré plus fortement.



Une reprise rapide du tourisme en Europe est cruciale pour Accor comme pour AccorInvest. Tous deux ont engagé des programmes de réduction de coûts, et devraient disposer d'un levier opérationnel lors du redémarrage de l'activité. Toutefois, les analystes n'anticipent pas une telle reprise avant, au mieux la mi-2021.





-François Schott, Agefi-Dow Jones; +33 (0)1 41 27 47 92; fschott@agefi.fr ed: ECH



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October 14, 2020 10:21 ET (14:21 GMT)




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